Emmanuèle Perron-Pette nous parle de Karlito Express HDC
Galorama. Quelques mots tout d’abord sur Karlito Express HDC, qui s’est particulièrement fait remarquer lors du Championnat des 6 ans ?
Emmanuèle Perron-Pette. Karlito Express HDC âgé de 6 ans est effectivement troisième du Critérium et quatrième du Championnat (… à 0,10 point du troisième).
Karlito est un pur produit maison car c’est un fils d’Orient Express avec une mère par Carinjo 9*HDC. Ce poulain né, élevé et éduqué à la maison est le représentant d’une génétique qui fait partie de notre histoire. C’est la raison pour laquelle cette Grande Semaine, au-delà d’être un événement équestre incontournable pour tout éleveur, a une saveur toute particulière.
G. En tant que propriétaires, vous avez déjà remporté les plus belles médailles. Mais ici, il s’agit d’un cheval que vous avez fait naître. Est-ce que l’émotion est différente ?
E. P-P. Absolument, elle est décuplée. J’ai encore plus de mal à les regarder en piste sans trembler (rires). Il y a un lien particulier avec les chevaux que l’on fait naître que l’on emmène en concours. On a la sensation de mieux les connaître, avec leurs qualités et leurs défauts … et ainsi de mieux anticiper leurs besoins. Karlito est un clown. C’est la mascotte de tous l’équipe HDC depuis sa naissance. À chaque fois que j’ai envisagé de le vendre j'avais un piquet de grève au milieu de la cour des écuries (rires). Mais je dois avouer que nous avons aussi énormément de plaisir à suivre l’évolution des chevaux nés à la maison ou de notre génétique qui évoluent sous d’autres selles. C’est extrêmement gratifiant. C’est cela qui nous donne l’envie et l’énergie pour continuer.
Karlito, c'est un mini Orient avec le sang et le chic de Carinjo. Beaucoup de monde m'a arrêtée sur le Grand Parquet pour me dire « c’est fou comme il ressemble à son père en piste ». Même nous, quand on l’a regardé sauter sur cette magnifique grande piste en herbe 18 ans après Orient, cela nous a fait un choc. Mais restons raisonnables, Karlito à une frappe et une énergie digne de son père mais la route est longue. Orient était un extra-terrestre.

G. C’est Julien Alvarez, votre cavalier, qui le forme depuis ses débuts ?
E. P-P. Absolument, Karlito, c’est aussi le coup de cœur de Julien, mais Julien ne monte pas seulement les jeunes chevaux chez nous. Nous avons gardé pour lui de très bons chevaux de CSI 1,40 m -1,45 m, pour lui permettre d’accéder à de beaux concours, notamment Bahamas ou encore Icare Express, ou notre bonne 7 ans Junon Express HDC. Cela lui permet d’être « dans le coup » si vous me permettez cette expression et de continuer à progresser … Je pense que tout cela contribue à la manière formidable avec laquelle Julien a monté son barrage lors du Critérium des 6 ans.
On parle toujours de la formation de nos chevaux, il est aussi question de la formation de nos jeunes cavaliers. Quand Kevin (Staut) vient à la maison monter Féline, il apporte son regard et ses conseils à Julien avec la gentillesse qu’on lui connait. Et comme ce sont deux passionnés, leurs échanges contribuent à améliorer chaque jour la formation de nos chevaux au quotidien.
G. Aujourd’hui, vous avez mis en place un système qui semble particulièrement bien fonctionner, de l’élevage à la valorisation de vos chevaux ?
E. P-P. Il faut rester humble mais effectivement à l’instant où l’on se parle cela fonctionne très bien. On a une équipe « élevage » et une équipe « sport » qui se parlent et interagissent. Il y a de vrais échanges permanents entre ces deux sites installés de chaque côté du village. Ils partagent une passion et une vision commune pour le sport. Tout le monde avance ensemble dans la même direction. Pourvu que cela dure (rires). Il est vrai que tout n’est pas toujours rose comme dans toutes les écuries, mais ce sont des gens qui s'entendent bien parce qu'ils ont cette même envie. Ils sont formidables, aiment leurs chevaux, se donnent à fond et ont une vraie envie de réussir ensemble. Et ça, c'est unique.



